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temp2.gif Bécasseau d'Alaska
un indicateur de vilabilité écologique de la faune dans le bassin de Georgia
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Que se passe-t-il?

Le Bécasseau d'Alaska (Calidris mauri), qui a la taille d'un moineau, est l'oiseau de rivage le plus abondant sur la côte ouest de l'Amérique du Nord. Environnement Canada effectue des recensements de l'espèce dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique depuis 1992. Dans le bassin de Géorgie, des dénombrements sont effectués chaque année sur les battures de sable et de vase du delta du Fraser durant la migration du printemps et dans l'île Sidney durant la migration d'automne vers le Sud (voir la carte). Les données recueillies montrent que le nombre de migrateurs a chuté, tant au printemps qu'à l'automne. Comme l'indiquent les graphiques ci-dessous, les baisses d'effectif ont été significatives chez les migrateurs du printemps et les migrateurs juvéniles de l'automne. On a également enregistré des baisses du nombre d'adultes migrateurs à l'automne, mais celles-ci ne sont pas statistiquement significatives.

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Source: Nombre maximum de Bécasseaux d'Alaska enregistré sur le banc Roberts, dans le delta du fleuve Fraser (Butler et Lemon, 2001). Il s'agit du nombre maximum relevé en une journée. Les relevés étaient basés sur trois méthodes. Les dénombrements d'oiseaux en groupes de centaines de milliers d'individus peuvent être entachés d'erreurs d'estimation dont on ne connaît pas l'importance, mais qui sont vraisemblablement grandes.

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Source: Nombre maximum de Bécasseaux d'Alaska enregistré sur le banc Roberts, dans le delta du fleuve Fraser (Butler et Lemon, 2001). Il s'agit du nombre maximum relevé en une journée. Les relevés étaient basés sur trois méthodes. Les dénombrements d'oiseaux en groupes de centaines de milliers d'individus peuvent être entachés d'erreurs d'estimation dont on ne connaît pas l'importance, mais qui sont vraisemblablement grandes.

DONNÉES DES GRAPHIQUES

D'autres études menées par le Service canadien de la faune durant les années 1960 révèlent qu'environ 80 % des populations d'oiseaux de rivage de la partie continentale de l'Amérique du Nord ont subi des pertes d'effectif. (Morrison, 2001).

Pourquoi en est-il ainsi?

vansun_flat_f.gif, 19KBLa diminution du nombre de Bécasseaux d'Alaska peut être attribuable à plusieurs causes. La survie et le maintien des effectifs dépendent de la qualité d'une chaîne d'importantes haltes migratoires qui relient les lieux de reproduction de l'ouest de l'Alaska et de l'est de la Sibérie aux quartiers d'hiver, dans le sud des États-Unis ainsi qu'en Amérique centrale et du Sud. Pour mener à bien leurs longues migrations, les bécasseaux doivent accumuler rapidement des matières grasses à chaque halte. En Amérique du Nord, les principales haltes migratoires comprennent la baie de San Francisco, le havre Grays, le delta du fleuve Fraser, la rivière Stikine et le delta de la rivière Copper. Or, à certains de ces endroits, l'important habitat des battures de vase et de sable a été contaminé par des égouts (Panama) et des effluents industriels (baie de San Francisco). Les sources de nourriture des Bécasseaux d'Alaska sont des invertébrés et une très mince couche d'éléments nutritifs à la surface des battures.

Les modifications des courants océaniques survenues durant les années El Nino de 1991 et 1997 ont peut-être aussi exercé une influence sur les réserves de nourriture aux lieux d'hivernage, et donc sur la survie des oiseaux. Des scientifiques du Service canadien de la faune (SCF) ont utilisé un modèle numérique de la migration pour estimer l'effet des pénuries de nourriture sur les bécasseaux. Ce modèle a permis de calculer le nombre de rejetons qu'un bécasseau adulte pourrait élever chaque année selon le moment du début de sa migration. Les résultats ont montré qu'un bécasseau bien nourri pourrait retarder son départ même d'un mois sans que cela l'affecte outre mesure. En revanche, un bécasseau moins bien nourri ne pourrait retarder son départ que de 20 jours, sans quoi cela pourrait influer sur le nombre de jeunes qu'il pourrait élever. Dès lors, le nombre de bécasseaux élevés chaque année pourrait diminuer si le phénomène El Nino ou le changement climatique réduit les réserves de nourriture dans les quartiers d'hiver, ce qui retardera la migration de quelques semaines. Le SCF a commencé à observer des baisses peu de temps après le phénomène El Nino de 1991. Il se peut également que l'échec de la reproduction se soit traduit par un faible nombre de nouveaux reproducteurs, cause documentée des réductions d'effectif chez les oiseaux de rivage. (Gratto-Trevor et al., 1998)

wesaphoto.jpg, 11KBDans le bassin de Géorgie, la diminution du nombre de migrateurs d'automne juvéniles dans l'île Sidney semble mettre en cause, entre autres, l'échec de la reproduction. Parmi les autres facteurs possibles, on compte l'accroissement du triple du nombre de faucons prédateurs dans la région du delta du Fraser depuis le milieu des années 1980. Le risque de prédation peut également influer sur l'utilisation des principales aires d'alimentation par les oiseaux de rivage. En outre, le delta a connu des changements, dont la perte d'habitat causée par l'aménagement d'installations portuaires sur le banc Roberts et l'urbanisation de terres agricoles. De plus, l'écosystème du banc Roberts a été affecté par le service de traversier et la présence de ponts-jetées dans le port, qui ont modifié la distribution des éléments nutritifs depuis le Fraser vers les vasières. Selon toute probabilité, l'expansion démographique dans l'estuaire a aussi contribué à la dégradation de l'habitat dans les zones intertidales, y compris la contamination de réserves de nourriture. L'absorption de substances chimiques par les bécasseaux peut avoir des incidences sur leur sens de l'orientation et leur taux de reproduction.

Pourquoi est-ce important?

L'ensemble de la population mondiale de Bécasseaux d'Alaska, soit 3,6 millions d'individus, migre le long de la côte de la Colombie-Britannique, et des centaines de milliers d'individus s'arrêtent brièvement dans le bassin de Géorgie. Le delta du fleuve Fraser est un des six maillons clés de la chaîne des haltes et des points de ravitaillement des voies migratoires de l'ouest du continent nord-américain. Il joue un rôle essentiel dans la survie de cet oiseau de rivage. Il peut arriver que jusqu'à 500 000 Bécasseaux d'Alaska occupent le delta en une seule journée. Le suivi des effectifs peut contribuer à déterminer les changements que peuvent entraîner à long terme la perte et la dégradation de l'habitat, la pollution par des substances chimiques toxiques, la prédation par les rapaces et le changement climatique à l'échelle planétaire.

Que fait-on?

measuring_culmen.jpg, 10KBLe SCF et le Centre d'écologie de la faune à l'Université Simon Fraser (SFU) ont étudié le Bécasseau d'Alaska dans l'ensemble de son aire de répartition. En outre, des techniques de marquage-reprise des Bécasseaux d'Amérique ont été mises au point à la SFU. Des chercheurs de l'Université du Panama les utilisent dans les quartiers d'hiver de l'espèce, dans ce pays et au Mexique, pour tenter de trouver un moyen de déceler les variations du taux de survie selon les diverses classe d'âge. Des études de l'utilisation des haltes migratoires et du taux de recrutement aux lieux de reproduction sont en cours en collaboration avec des biologistes du US Fish and Wildlife Service (Service de la faune des États-Unis) en Alaska et à l'observatoire d'oiseaux de Point Reyes, en Californie. Les résultats de ces travaux peuvent aider à déterminer à quelles étapes du cycle annuel du Bécasseau d'Alaska les effets des perturbations se produisent, et peut-être même à en établir les causes.

D'autres travaux de recherche concertée menés à la SFU visent à examiner plus en détail la façon dont les bécasseaux refont le plein d'énergie à chaque halte migratoire et dont ils exploitent les lieux. Avec l'aide de modèles informatiques, on évalue l'importance des conditions atmosphériques sur la migration ainsi que les répercussions négatives de l'arrivée tardive aux lieux de reproduction sur le succès de la reproduction. Ainsi, des données révèlent que la migration de ces petits oiseaux est fortement influencée par les vents dans la haute atmosphère. Les modèles permettent d'examiner les estimations du taux de survie en tenant compte de facteurs comme la vitesse de ravitaillement et le risque de prédation aux haltes migratoires, le sexe des individus et les classes d'âge.

Cliquez pour agrandir On connaît la plupart des haltes migratoires clés et on a pris des mesures à certaines d'entre elles pour assurer leur protection. Le ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs de la Colombie-Britannique a déclaré aires de gestion de la faune la baie Boundary et le banc Sturgeon, dans le bassin de Géorgie. Une zone de 400 hectares à la pointe nord de l'île Sidney est devenue un parc provincial (le parc marin provincial Sidney Spit). Ce parc permet de protéger les habitats essentiels (plages de sable, battures et marais salés) utilisés par les Bécasseaux d'Alaska au cours de leurs migrations. Le banc Roberts, sur la rive sud du delta du Fraser, accueille chaque printemps un très grand nombre de bécasseaux, mais ils n'a pas encore été déclaré aire de gestion de la faune.

Il n'existe pas d'explication simple à la baisse des effectifs de Bécasseaux d'Alaska. C'est pourquoi on poursuit des recherches pluridisciplinaires sur l'interaction entre les nombreux facteurs complexes qui pourraient entrer en jeu. La durée des séjours des bécasseaux aux haltes migratoires, leurs besoins d'énergie, l'interaction avec les conditions atmosphériques, la variabilité de la vitesse des vents, la prédation et la qualité de l'habitat sont tous d'importants éléments des recherches menées pour déterminer si la population de Bécasseaux d'Alaska connaît une simple fluctuation ou une baisse soutenue.

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Pour en savoir plus : Rob.Butler@ec.gc.ca

On peut trouver de plus amples renseignements sur cet indicateur aux sites suivants :

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Pour consulter les références utilisées dans cet indicateur, cliquez ici.

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